Ma pire ennemie est le premier roman que je lis de Tara Jones. La jolie couverture de cette new romance donne le ton : il est question d’amour tourmenté… et de quelque chose de mortel. Les deux héros se plaisent en tous points mais l’un a subi une perte qui l’a plongé dans la dépression et l’autre, afro-américaine, est victime de menaces permanentes car elle est la fille… d’une tueuse et mère impitoyable. Un roman aussi plaisant à lire qu’original !

« Ma pire ennemie » : l’histoire

« Que feriez-vous si vous étiez la fille d’une tueuse en série ?

Joanna a toujours su que sa mère n’était pas comme les autres. Pas aussi affectueuse ni attentive à son enfant mais quand elle apprend que c’est une criminelle, sa vie s’effondre. Littéralement.

Elle vit maintenant avec ce lourd poids et réorganise son existence. Cela commence par changer de métier : difficile de continuer à enseigner quand on porte le nom d’une meurtrière…

Joanna devient alors serveuse et dissimule sa réelle identité. Quand elle rencontre son nouveau patron, Scott, les débuts sont un peu difficiles : cet homme froid semble enfermé dans son chagrin depuis la mort de sa mère.

Mais très vite, Joanna se plaît à rêver à une nouvelle existence que partagerait Scott. A-t-elle enfin trouvé le chemin vers le bonheur, loin des crimes de sa mère, sa pire ennemie ? Elle n’est peut-être pas au bout de ses peines et sa route sera plus tortueuse qu’elle ne le pensait… »

Source : Hugo & Cie

Mes impressions sur « Ma pire ennemie »

La Nouvelle-Orléans pour décor

C’est toujours avec plaisir que je me laisse emmener à La Nouvelle-Orléans par le texte et la pensée. Force est de constater que les romans qui choisissent la Louisiane pour décor sont souvent sombres : Notes noires, L’Empire du mal, Behind the bars, etc. Il n’est pas rare que les personnages de fiction aillent goûter au café du monde, institution de la ville. Garden district m’a particulièrement marquée avec ses belles maisons blanches. C’est donc sans surprise que Scott y a grandi.

Joanna

Une héroïne afro-américaine

La question du racisme est évoquée dans « Ma pire ennemie ». En effet, Joanna est métisse, née d’une mère blanche (et meurtrière) et d’un père noir qu’elle ne connaît pas. Si le sujet n’a pas une place centrale, le roman permet toutefois d’avoir quelques exemples de racisme ordinaire et de faire passer quelques messages.

Une difficile construction de soi-même

Étant extérieure à l’histoire, il est évident que j’ai eu envie de conseiller l’héroïne, voyant ses mauvais choix arriver. Mais il est toujours facile d’émettre des théories depuis son canapé tandis que les personnages sont plongés dans leurs traumatismes et manipulés à leur échelle. Scott et Joanna sont jeunes. À 24 et 21, l’adolescence n’est plus si loin et l’on n’est pas forcément encore assez construit pour avancer sans ses parents.

Joanna peine à être elle-même. Cette jeune femme n’a rien demandé – et en particulier n’a pas demandé à naître – et s’est toujours pliée en quatre pour tenter d’être enfin aimée par une mère glaciale et meurtrière. Quelques flash-backs nous permettent de grimacer devant les mauvais traitements psychologiques qu’elle a subis. Elle n’a jamais connu son père, ce qui n’aide pas non plus à sentir que l’on peut être accepté et aimé pour ce que l’on est. Seuls son ami Cooper et son chat Mozart ont pu être des sources d’affection et des repères fiables.

Scott

Scott a quelque chose d’encore assez immature. Le chagrin peut lui faire oublier toutes responsabilités, même si tout son entourage semble tout lui pardonner. On sent encore l’ado en lui mais aussi qu’il a grandi dans un cocon et que la perte de sa mère est arrivée pour dévaster le monde qu’il s’était bâti. Il ne maîtrise pas ses émotions.

Ce qui unit et menace les personnages

Le récit est fait alternativement du point de vue de l’un et de l’autre, nous permettant de suivre le flot des pensées et tergiversations des deux héros. Scott et Jo sont tous deux nés un 16 mars (ils sont poissons… le meilleur signe évidemment, en toute objectivité ah ah).

Le roman est assez différent de ceux que j’ai lus récemment. Il est question d’amour et l’on voit bien ce qui lie les personnages mais le romantisme n’est pas la priorité du récit. Jo et Scott se lient et cèdent à leurs pulsions mais sans chercher à nous faire participer, au départ, au tissage de leurs liens. Les choses, lorsqu’elles se font, se font assez rapidement.

Peu après la 100e page, on comprend d’où va surgir la vraie difficulté dans la relation entre les personnages. L’intrigue porte surtout sur la façon dont le problème va être géré. On a envie d’avancer dans le livre, sentant que le drame n’est pas loin – et est incontournable – et la résilience nécessaire. L’intrigue a quelque chose de la bombe à retardement.

J’ai alterné les bonnes plages de lecture et les pauses mais ai pris plaisir à découvrir cette histoire. J’espère qu’il en sera de même pour vous !

Ma pire ennemie, de Tara Jones
Sortie du 14 novembre 2019
Prix papier : 17€ / Prix numérique : 9,99€
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Merci à la team Hugo new romance pour cette lecture !

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Appelez-moi Lili. J'ai 36 ans, vis avec Monsieur et, une semaine sur deux, avec son fils Junior, collégien. J'habite à Paris ou sa proche banlieue depuis plus de 16 ans. J'aime voyager, aller au théâtre, lire ou voir une comédie romantique, danser... et je suis gourmande !

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