Singin' in the rain

Qui n’a jamais chanté « I’m singing in the rain ♪♫♪ » ? J’avais déjà vu cinq comédies musicales made in Broadway en anglais surtitré au théâtre du Châtelet quand on m’a invitée à la générale de « Singin’ in the rain » et que j’en ai bondi de joie. Verdict : ce spectacle, mis en scène par Robert Carsen, vient se hisser en très bonne place sur mon podium, auprès de « My fair lady ». La nouvelle production du Châtelet est éblouissante !

"Singin' in the rain", la comédie musicale mythique au théâtre du Châtelet

L’histoire se déroule à Hollywood, à la fin de l’ère du cinéma muet.

D’origine modeste, Don Lockwood, ancien danseur, musicien et cascadeur est devenu une star du cinéma muet. À son grand dam, Lina Lamont, son insipide et antipathique partenaire, est persuadée qu’ils forment un couple à la ville comme à l’écran. Alors que « Le Chanteur de Jazz », le tout premier film parlant, connaît un succès fulgurant, le directeur du studio R.F Simpson n’a d’autre choix que de convertir le nouveau film du duo Lockwood / Lamont. L’équipe de production est confrontée à de nombreuses difficultés, notamment l’insupportable voix de crécelle de Lina Lamont.

Le meilleur ami de Don Lockwood, Cosmo Brown, a l’idée d’engager Kathy Selden pour doubler la voix de Lina et de transformer « The Dueling Cavalier » en comédie musicale intitulée « The Dancing Cavalier ». Entre temps, Don tombe amoureux de Kathy. Lina découvre leur idylle naissante et, furieuse, exige qu’à l’avenir Kathy continue de jouer les doublures et demeure pour toujours dans l’anonymat. Cette idée révolte Simpson, mais il n’a d’autre choix que d’accepter, tout comme Kathy, liée au studio par contrat.

La première de « The Dancing Cavalier » est un triomphe. Le public conquis réclame une chanson de Lina. Don et Cosmo décident d’improviser : ils proposent à Lina de chanter en playback pendant que Kathy, dissimulée derrière le rideau, créé l’illusion en chantant en simultané dans un second micro. Lina commence à « chanter « , Don, Cosmo et Simpson remontent le rideau derrière elle…

« Singin’ in the rain » sur le site du théâtre du Châtelet

"Singin' in the rain", la comédie musicale mythique au théâtre du Châtelet

Au début du spectacle, on croit plutôt assister à une pièce de théâtre. L’histoire se met en place et on suit attentivement les dialogues en anglais. Bien sûr, on remarque déjà les costumes somptueux mais il peut rester encore quelques réserves avant de se faire embarquer complètement. Puis, à coups de numéros de claquettes, d’humour et de tours de chant, on se laisse emporter et on cède totalement au charme du show.

Je suis toujours admirative de ces artistes anglo-saxons qui savent tout faire parfaitement : chanter, danser du classique et des claquettes et jouer la comédie ! Tout semble si facile alors que quiconque a pris des cours dans l’un ou l’autre de ces disciplines sait bien de quelle rigueur ils ont dû faire preuve pour sublimer leurs dons.

Côté casting masculin, Dan Burton et Daniel Crossley interprètent Don Lockwood et Cosmo Brown. Côté casting féminin, Clare Halse et Emma Kate Nelson incarnent Kathy Selden et Lina Lamont. À l’applaudimètre, la prof de chant s’en sort également, et à juste titre, avec plus que les honneurs.

C’est amusant comme le rôle de Lina, une artiste mégalo et désagréable, est rendu sympathique par une interprétation teintée d’humour. Son personnage est délicieux.

Je n’ai vu que la fin du film « Singin’ in the rain », sorti en 1952. Je ne peux donc pas faire de comparaison ou vous rappeler le talent de Gene Kelly mais ce que j’ai vu au théâtre du Châtelet m’a conquise !

J’ai été subjuguée par les costumes, qui m’ont vraiment fait rêver. Ces dames ont de superbes toilettes années 20-30 (si mon amoureux avait vu ça !), ces messieurs des costumes bien taillés. L’élégance même. Je n’ai cessé de m’émerveiller devant la beauté des tenues.

Les décors sont aussi à la hauteur. La pluie s’est aussi invitée sur scène. Il s’en déverse des litres ! Je n’ai pas m’empêcher de me demander quelle était la technique cachée derrière. On note aussi que des scènes du film projeté ont été tournées au château de Versailles.

Qui dit théâtre du Châtelet dit orchestre en live. L’orchestre de chambre de Paris contribue indiscutablement au voyage musical que l’on vit. De ma place située sur le côté d’un balcon, je voyais facilement les musiciens.

« Singin’ in the rain » est une vraie comédie musicale à l’américaine, une pièce d’orfèvrerie, soignée dans ses moindres détails. À la fin du premier acte, on est conquis. À la fin du second, on voudrait remonter le fil de la soirée pour la vivre une nouvelle fois.

En sortant de la salle, on voudrait se vêtir d’un ciré jaune, se doter d’un joli parapluie de couleur et pousser la chansonnette dans la rue, comme si le monde tournait pour le mieux. C’est en tout cas ce que l’on ressent devant cette comédie musicale réussie !

Singin’in the rain
du 12 au 26 mars 2015
du 27 novembre 2015 au 15 janvier 2016
de 10 à 99 €
http://chatelet-theatre.com/fr/

Appelez-moi Lili. J'ai 33 ans, vis avec Monsieur et, un week-end sur deux et la moitié des vacances, avec son fils Junior. J'habite à Paris depuis plus de 13 ans. J'aime voyager, aller au théâtre ou voir une comédie romantique, danser... et je suis gourmande !

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