Agnès Martin-Lugand fait partie des écrivains dont j’ai envie de lire tous les romans. Elle donne vie à des héroïnes qui ont souvent un choix de vie à faire et ont parfois besoin de bouger pour les aider dans leur quête. « À la lumière du petit matin » est le 6e roman de l’écrivaine que je lis. J’y ai trouvé un peu de mon histoire et suis certaine que chacune peut y trouver une résonance. Il m’a fallu un peu de temps pour être embarquée mais j’ai fini en faisant le plein d’émotion. A découvrir !

À la lumière du petit matin : l’histoire

« À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter jusqu’au jour où le destin la fait trébucher. Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ? Peut-on être heureux quand on se ment à soi-même ? »

Mes impressions sur À la lumière du petit matin

Je me suis plongée dans la lecture du roman en sachant que les précédentes œuvres d’Agnès Martin-Lugand m’avaient, dans l’ensemble, beaucoup plu. Les premières dizaines de pages m’ont servi à faire connaissance avec les personnages mais c’est vraiment lorsque le coup du sort arrive que j’ai été happée par l’histoire. J’ai lu la suite dès que j’ai eu des moments, en deux jours (de travail) : le charme a alors opéré sur moi !

Le début du livre n’est pas là pour nous distraire : Hortense a des frictions avec une amie-collègue, étouffe un peu sans se l’avouer, s’est retrouvée être la maîtresse d’un homme marié et père de famille. On sent sa souffrance et il y a quelque chose d’inconfortable pour le lecteur dans tout ça.

Sous certains aspects, je pouvais identifier à Hortense. Je n’enseigne pas la danse mais la danse a un rôle dans ma vie (même si, à 36 ans, c’est surtout la zumba qui a pris le pas sur des cours plus académiques). Je n’ai que trois ans de moins que l’héroïne. Je me trouve aussi des excuses pour ne pas agir quand je suis dans une situation qui ne me convient pas (je ne pense heureusement pas à mon couple en disant cela). Je me dis que je n’aurais jamais pu être l’autre femme, la maîtresse. Je suis trop « plein de choses » – anxieuse, fleur bleue, empathique, etc. – pour cela. Mais l’écrivaine nous décrit comment Hortense en est arrivée là pour qu’on ne soit pas dans le jugement.

Il lui arrive quelque chose que j’ai vécu au début du printemps dernier. Je me suis donc terriblement mise à sa place. Dans cette épreuve, j’avais Monsieur, tout en me demandant comment j’aurais fait seule. Et encore… j’ai des parents en province. Hortense est seule, fille unique, désormais orpheline. Et ses 40 ans qui approchent… Rien ne va plus ! Et finalement, elle a une excellente idée, point de départ d’une évolution.

Je n’ai pas trop aimé Bertille, son amie et collègue. Sandro, 3e membre du trio, est plus sympathique. Aymeric, le mari infidèle, ne m’a même pas énervée. Je l’ai plutôt vu comme un lâche.

Je ne peux pas trop en dire pour ne rien dévoiler d’important mais d’autres personnages plus proches des sources d’Hortense m’ont plu bien davantage. L’histoire est originale. Elle met en scène de petites choses, confronte certaines valeurs, cherche à mettre l’essentiel en exergue. Je ne veux vraiment pas vous spoiler donc ne peux pas parler de ma partie préférée ni de ses détails mais le récit est sensible, parle de racines. Quelque chose se construit jour après jour. C’est d’ailleurs peut-être un message pour nous : c’est dans le quotidien et les petits pas que l’on construit son destin.

Hortense commet une indiscrétion que nous serions peut-être tous susceptibles de faire. On craint qu’elle ne se fasse prendre comme si l’on y était ! Une bonne idée cela dit pour nous montrer un autre point de vue (si je ne vous intrigue pas en disant cela… non ?).

Si le tout début du roman m’a presque ennuyée, la direction qu’il a pris ensuite m’a embarquée. A la fin, j’ai respiré plus fort et essuyé quelques larmes. La fin est belle, parfaite. J’ai été ravie de suivre Hortense dans un moment clé de sa vie. Un roman à conseiller !

Je devrais bientôt lire « Une évidence » puis « Nos résiliences » à sa sortie.

À la lumière du petit matin, d’Agnès Martin-Lugand
Publié le 29 mars 2018
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Le roman figure au catalogue de la bibliothèque Benoite Groult (Paris XIVe)

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Appelez-moi Lili. J'ai 36 ans, vis avec Monsieur et, une semaine sur deux, avec son fils Junior, collégien. J'habite à Paris ou sa proche banlieue depuis plus de 16 ans. J'aime voyager, aller au théâtre, lire ou voir une comédie romantique, danser... et je suis gourmande !

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