Les choses n’ont pas évolué très favorablement depuis mon dernier billet. Je suis l’une des très nombreuses « victimes » de la paralysie du trafic aérien européen suite aux caprices du volcan islandais au nom imprononçable. En bref : mon vol New York-Paris a été annulé. Je devrais être rentrée en France ce matin et ce n’est pas le cas.

tableaux

Dès que nous avons su que notre vol était annulé, nous avons tenté de contacter :
– American airlines en France : sur répondeur
– Mondial assistance : sur attente pendant 45 minutes sans réponse, déclaration à faire en ligne mais l’assurance concerne plutôt les maladies
– American airlines aux Etats-Unis : serveur vocal très compliqué à gérer

Bref, après une matinée d’essais infructueux, nous avons foncé à l’aéroport. Enfin… foncé dans la mesure de ce qui Ètait permis : les lignes de métro n’étaient pas de notre côté. La ligne la plus rapide était fermée sur un grand tronçon. Nous avons donc changé d’itinéraire et mis 3h30 pour faire le trajet entre notre hôtel dans l’Upper West side et l’aéroport JFK.

Sur place, nous avons attendu pendant 30 minutes (je m’attendais à pire) de pouvoir parler à quelqu’un à un guichet. La vilaine dame nous a expliqué qu’American airlines n’envisage pas d’ajouter des avions lors de la réouverture des aéroports. La compagnie n’a pu changer nos billets que pour un départ le lundi 26 au soir soit un retour le mardi 27 à Paris.
Quand j’ai compris que le « monday » dont on parlait était bien celui 9 jours plus tard et non pas demain, j’ai cru que le sol s’ouvrait sous mes pieds !!!

– « Monday in nine days ???????!!!!!!!!!???????? »
– Yes

Ok, on n’explose pas, on ne se désagrège pas. On se pose, on cherche une solution.

– « Madrid is possible ? »
– No

La vilaine dame nous demande où nous voulons aller. On lui demande quelles sont les destinations possibles pour arriver vite. Bruxelles ? Pas avant le 26 non plus. Ailleurs ? Pas possible non plus.
Elle nous conseille de louer une voiture, de partir dans le New Jersey ou à Atlantic city !! On hallucine complètement. Mais c’est qu’elle veut nous faire faire de la plongée la vilaine !!

Pause aux restrooms (comprenez les petits coins) avant de faire un « conseil de guerre ».

Nous rencontrons deux Français, un père et sa fille. Ils ont téléphoné au consulat, qui n’a rien à dire en gros. Ils ont réessayé l’ambassade le soir. Rien à nous dire non plus.

Nous restons avec eux, faisons un tour sur internet à la recherche d’infos, d’autres idées pour rentrer. Par Madrid ? Tout est blindé jusqu’à la fin de la semaine prochaine et pas de vol pour moins de 1 000 dollars par personne. Par Alger ? Vols indirects. Par ailleurs ? Pas plus de possibilités.

Heureusement, ma famille et mes amis (merci à vous !!!) me suggèrent plein d’idées et m’encouragent via Facebook (et oui lol) et cela remonte le moral. On se sent un peu moins seuls dans notre terminal d’aéroport.

Nous décidons de rester la nuit sur place, comme plusieurs autres centaines de personnes. Nous voulons vraiment croire que la situation va pouvoir s’améliorer et être au plus proche des nouvelles. A froid, il est aussi difficile de savoir ce que nous devons faire.

Les autorités belges ont fait en sorte que leurs ressortissants aient quelque chose à manger. Par chance, on nous donne grâce à eux deux plats de boeuf purée à partager. Ca fait du bien après le petit-déj pris à la va-vite avant midi.

Pas moyen d’avoir des lits dans le terminal 8 de l’aéroport. Personne ne veut qu’il ressemble ‡ un vaste campement.

Les deux hommes de notre nouveau petit groupe de quatre partent à l’assaut du terminal 4, visiblement plus accueillant. Ils nous ramènent quelques infos et surtout quatre lits pliables et quatre couvertures de la Croix rouge.

 

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message-dove2

 

Un peu plus tard, on nous apporte des petites bouteilles d’eau, du savon et des bonbons Dove. Des messages de circonstance sont écrits à l’intérieur des emballages ! Exemple : « miracles aren’t limited to the holidays ». Visiblement, c’est grâce à une Èglise que nous avons disposé de tout cela (???).

La nuit a été dure. L’aéroport est très éclairé, il y fait froid. A trois heures « o’clock », 3h30, quatre heures « o’clock », je me tords dans tous les sens pour avoir un peu chaud. Je stresse : je devrais retravailler mercredi, j’ai des RDV, le vin d’honneur du mariage d’une copine, le concert de Mika… Finalement, j’ai ressorti une Ècharpe, un pull et un grand gilet. Je mets le tout sur mon cou et mon visage. Bonne méthode !! J’ai un peu plus chaud la tête couverte et je vois moins le jour. Réveil à six heures « o’clock » puis à sept heures « o’clock » encore. Définitif cette fois. J’ai la tête d’une fêtarde malade !!

Nous passons encore la matinée à l’aéroport. On apprend que rien n’est prêt de s’arranger, que nous devons nous estimer heureux d’avoir une date pour rentrer, qu’il est inutile de rester.

 

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En France, ma soeur contacte des assurances (carte bleue etc). Rien n’est prévu. Il faut rappeler demain lundi.

Bref, nos compagnons d’infortune et nous réservons un hôtel pas trop cher dans l’Upper west side (333 dollars pour 7 nuits par personne quand même). Nous nous y rendons le temps qu’il faudra. Il faut relativiser, garder le contact avec la compagnie aérienne, se tenir informés des caprices du volcan, attendre, et presque tenter de profiter vu la somme que cela nous coûte !!

L’hôtel est très sommaire mais c’est mieux qu’un terminal d’aéroport. Seul l’ordinateur de Greg, mon compagnon de voyage, parvient à se connecter au wifi.

A suivre…

Le reportage sur l’attente à JFK cette nuit (JT du 18 à 20h)

Appelez-moi Lili. J'ai 33 ans, vis avec Monsieur et, un week-end sur deux et la moitié des vacances, avec son fils Junior. J'habite à Paris depuis plus de 13 ans. J'aime voyager, aller au théâtre ou voir une comédie romantique, danser... et je suis gourmande !

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