Priceminister a eu l’excellente idée d’organiser « Les matchs de la rentrée littéraire« , une opération permettant aux blogueurs de découvrir le livre de leur choix parmi une sélection de douze romans de la rentrée. J’ai hésité entre plusieurs romans : « Le Pacte des Vierges », de Vanessa Schneider, « Tuer le père », d’Amélie Nothomb, « Les souvenirs », de David Foenkinos (je le lirai un jour !), etc. mais c’est finalement sur « Rien ne s’oppose à la nuit« , de Delphine de Vigan, que mon choix s’est porté. J’avais déjà lu du bien du roman sorti le 17 août et avais noté ses références dans un coin…

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La présentation de l’éditeur

L’histoire

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

 

L’auteur

« Après « No et Moi » et « Les Heures souterraines » (tous deux traduits dans vingt-cinq pays), Delphine de Vigan nous offre une plongée bouleversante au coeur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis. Ce sont toutes nos vies, nos failles et nos blessures qu’elle déroule ici avec force. »

 

Alors, alors ?

« Rien ne s’oppose à la nuit » est un beau roman. Je ne m’attendais pas à autant de tourments et me suis parfois interrogée sur mon choix de lecture, l’ai même un peu regretté au départ. Lucile, la mère de l’auteur, est issue d’une famille de neuf enfants. Au sein de la fratrie, les accidents, la maladie et les suicides sont légion. Dans un cercle plus large, le suicide semble aussi être une habitude. Chacun a une part de glauque particulièrement hors normes dans son quotidien.

Le roman a des airs d’analyse, tout est décortiqué, sans que pour autant l’on sache ce que chacun a en tête. On connaît le raisonnement et le ressenti de l’auteur, qui n’a pas accès aux pensées des autres. La subjectivité de chacun dans une famille est aussi frappante à chaque fois que Delphine de Vigan indique que les versions de ce qui s’est déroulé diffèrent. Ca nous fait tellement penser à nous, aux histoires que l’on redéfinit pour les rendre plus soutenables ou moins crues.

Ce livre interroge sur les familles, les solutions pour qu’elles trouvent des remèdes, les maisons familiales, où l’on retrouve rires, joies et non-dits, les noms des communes qui sont comme des étiquettes qualifiant des pots à souvenirs.

Les enfants y sont promenés de maisons en maisons, portent des douleurs adultes, font avec les excentricités de ceux qui les entourent mais aussi avec l’explosivité de la rencontre entre leurs drames et les difficultés psychiatriques. Dans la vie de Lucile, les hommes passent et l’achèvent encore parfois davantage. Les enfants vivent tantôt avec leur mère, tantôt avec leur père, tantôt avec les enfants des conjoints des autres, tantôt à Paris, tantôt en province. Tout est mouvant, suspendu au mal-être et aux événements de la vie des adultes.

« Rien ne s’oppose à la nuit » nous fait nous interroger sur ce qui prime : la préservation de l’innocence (impossible dans la vie des personnages), le démêlé avec les problématiques qu’on nous attribue dès l’enfance et pendant que l’on se construit, la formation de l’esprit et de l’indépendance, etc. Au final, on se dit surtout que l’on ne doit faire que ce qu’on peut…

Les événements décrits sont insupportables pour le lecteur. Alors que peuvent bien en dire l’auteur et tous ceux qu’elle a interrogés pour reconstruire par écrit ce passé familial ? Vous imaginez donc bien qu’en choisissant de lire ce roman, il faut être prêt à laisser nos propres questions émerger. Il peut s’agir de questions diverses et intimes comme de questions plus générales : qu’est-ce qui forge un être ? comment s’épanouir quand autant de drames tentent de nous tordre ? quelles sont les bases d’une famille ?

J’avais hâte d’arriver à la 436e et dernière page pour passer à des choses plus agréables. En en approchant, j’ai même pleuré : la mort de Liane, la mère de Lucile (je ne dévoile rien, on sait tout ça dès le départ) et gardienne d’un certain entrain était d’une tristesse infinie puis la découverte par l’auteur du cadavre de sa mère, déjà en phase de composition, était atroce. Il n’y avait plus qu’à pleurer sur la souffrance des autres, sur le sort. La vie n’épargne pas grand monde ! Mais certains encore moins que d’autres…

En fait, je pourrais vous dire encore bien des choses, vous citer quelques passages, comme celui de la page 283 que je vais vous épargner mais mon billet est déjà bien long !

« Rien ne s’oppose à la nuit » est donc un roman très bien écrit, se lit très bien d’un point de vue littéraire (et quel travail !) mais est une quête psychologiquement bien difficile. À réserver à des périodes durant lesquelles vous n’êtes pas en proie à de grands doutes !
les matchs de la rentrée littéraire

 

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Appelez-moi Lili. J'ai 33 ans, vis avec Monsieur et, un week-end sur deux et la moitié des vacances, avec son fils Junior. J'habite à Paris depuis plus de 13 ans. J'aime voyager, aller au théâtre ou voir une comédie romantique, danser... et je suis gourmande !

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