Si vous suivez l’actualité littéraire, vous n’êtes certainement pas passés à côté de la sortie de « L’homme qui ment », premier roman de Marc Lavoine et déjà grand succès en librairie en ce début d’année 2015. J’ai eu la chance et le plaisir d’être invitée à rencontrer l’artiste en compagnie de quelques autres blogueurs. C’est ainsi que je me suis rendue un vendredi soir au premier étage du café des éditeurs, veillant à n’être ni en avance ni en retard et m’installant discrètement en bout de table pour discuter avec Marc Lavoine, chanteur, acteur et maintenant écrivain.

"L'homme qui ment", le premier roman de Marc Lavoine

Communiste et charmeur, cégétiste et volage : tel était Lulu, mon père. Menteur aussi, un peu, beaucoup, passionnément, pour couvrir ses frasques, mais aussi pour rendre la vie plus belle et inattendue.
Lulu avait toujours une grève à organiser ou des affiches à placarder. La nuit venue, il nous embrigadait, ma mère, mon frère et moi, et nous l’aurions suivi au bout du monde en trimbalant nos seaux de colle et nos pinceaux. Il nous faisait partager ses rêves, nous étions unis, nous étions heureux.
Evidemment, un jour, les lendemains qui chantent se sont réduits à l’achat d’une nouvelle voiture, et Che Guevara a fini imprimé sur un tee-shirt.
Le clan allait-il survivre à l’érosion de son idéal et aux aventures amoureuses que Lulu avait de plus en plus de mal à cacher ? Collègues, voisines, amies ; brunes, blondes, rousses : ses goûts étaient éclectiques. Lulu était très ouvert d’esprit.
Sans nous en rendre compte, nous avions dansé sur un volcan. L’éruption était inévitable.

La présentation de « L’homme qui ment » sur le site de Fayard

L’une des premières questions que l’on se pose est celle de la part autobiographique du roman. Il s’agit de l’histoire, de l’enfance et des parents de Marc Lavoine mais le livre prévient : « L’homme qui ment ou le récit d’un enjoliveur, récit basé sur une histoire fausse« . On comprend donc qu’il s’agit d’une histoire revisitée, mise en scène à partir de souvenirs. La trame du récit reste plutôt dans la vérité mais avec certaines libertés. « Ça reste du spectacle ». Une fois cela dit, on peut parler du roman.

Je l’ai lu en quelques jours, parce que je voulais évidemment savoir de quoi je parlais lors de cette fameuse rencontre mais aussi parce qu’il se lit tout seul. En 190 pages, le lecteur suit l’histoire d’une famille, à la fois ordinaire et extraordinaire. Marc Lavoine s’intéresse aux blessures des gens, à la façon dont ils organisent leur vie. J’ai été marquée par la simplicité avec laquelle les événements se succédaient, comme le fil de l’histoire coulait tout seul, marqué par ses naissances, ses deuils, les vacances, les rassemblements, les souffrances du quotidien, les moments de joie, les sacrifices, l’amour que se porte une famille. Le récit parle aussi d’une certaine France, d’une banlieue pas si éloignée de la commune dans laquelle je vis maintenant, mais qui était un autre monde, il y a 40 à 50 ans…

Lucien Lavoine courait les femmes et multipliait les conquêtes. Ses fils n’ont clairement pas été épargnés et ont eu droit à plus de détails qu’il n’en aurait sans doute fallu. L’auteur a su, d’une certaine façon, faire la part des choses. Son père mentait, certes, mais pas dans tous les domaines. Marc Lavoine sait bien qui étaient ses parents, dont il dit avec sagesse qu’ils ne lui appartenaient pas. Le père et le fils se sont aimés. C’est très perceptible dans le roman. Difficile d’ailleurs de ne pas refermer le livre sans avoir l’œil un peu humide tant on s’attache aux personnages, décrits avec beaucoup de sensibilité.

"L'homme qui ment", le premier roman de Marc Lavoine
"L'homme qui ment", le premier roman de Marc Lavoine

Au café des éditeurs, j’ai découvert un homme cultivé, qui a beaucoup réfléchi, posé quelque part entre le « t’as qu’à t’en foutre », son amour de la vie et ses émotions. Un bon moment !

Et, à voir comme chacun m’a dit depuis que j’avais eu de la chance de le rencontrer et son envie de m’emprunter le livre, je n’ai aucun doute sur sa popularité. Son livre est à la hauteur.

Pour avoir un aperçu du roman, vous pouvez en lire le premier chapitre.

« L’homme qui ment », de Marc Lavoine
Paru le 14 janvier 2015 aux éditions Fayard, 17 €

Appelez-moi Lili. J'ai 33 ans, vis avec Monsieur et, un week-end sur deux et la moitié des vacances, avec son fils Junior. J'habite à Paris depuis plus de 13 ans. J'aime voyager, aller au théâtre ou voir une comédie romantique, danser... et je suis gourmande !

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